Bilingualism in Canada

canadaLe bilinguisme canadien : Why it’s important (par Benoît Hardy-Vallée)

Le Canada est un pays bilingue. Plus précisément, non seulement plusieurs Canadiens parlent l’anglais, le français ou les deux langues, mais en plus le bilinguisme est une politique officielle du gouvernement, surveillée par le Commissariat aux langues officielles et protégée par la Constitution. Il faut donc distinguer le bilinguisme individuel (les personnes qui peuvent s’exprimer dans les deux langues) et le bilinguisme institutionnel (la politique du gouvernement fédéral). Bien que distinctes, ces deux notions de bilinguisme ne sont pas pour autant indépendantes.

Le bilinguisme, d’un océan à l’autre

Comme le nord du 49e parallèle a vu s’établir des colons majoritairement anglais et français, ces deux groupes ethniques constituent les deux principaux groupes linguistiques.

Bien que plus d’une centaine de langues soient parlées au Canada, l’anglais et le français comptent de nos jours, selon Statistiques Canada, pour 59 % et 23 % des langues maternelles des Canadiens. De plus, beaucoup d’entre eux sont aussi bilingues : 18 % de la population canadienne, soit près de 5.2 millions d’individus, se définit comme bilingue. La majorité habite la « ceinture bilingue » soit la région qui couvre le nord du Nouveau-Brunswick, le sud du Québec, le nord-est de l’Ontario et le sud du Manitoba, de Moncton (N.-B.) à Saint-Boniface (Man.). Parmi les provinces canadiennes, le Québec comporte le plus haut taux de bilingues : 41 % et ce nombre est en croissance constante. Le Nouveau-Brunswick suit de près avec 34 %.

Depuis l’adoption, en 1969, de la Loi sur les langues officielles, les langues de Molière et de Shakespeare ont une égalité de statut, que ce soit dans les administrations fédérales, les sociétés de la Couronne, les lois et le gouvernement. La Loi—entérinée depuis par la Charte canadienne des droits et libertés—crée aussi le Commissariat aux langues officielles, chargé de promouvoir ladite loi mais aussi la dualité linguistique. Le bilinguisme fait donc partie intégrale de l’appareil étatique canadien, ce qui est reflété dans le fait que, selon une étude réalisée pour le compte du Commissariat, « pour sept Canadiens sur dix, le fait de vivre dans un pays où il y a deux langues officielles permet de définir ce que signifie être un Canadien » (http://www.ocolclo.gc.ca/html/evolution_opinion_summ_somm_f.php).

Cependant, vivre dans un pays bilingue ne signifie pas que tous les Canadiens doivent parler français et anglais. Comme le note le Pr. Monica Heller de l’Université de
Toronto, spécialiste des questions de bilinguisme au Canada, « la politique canadienne encourage les individus à apprendre une autre langue par esprit de compréhension
mutuelle, mais il n’y a rien dans la politique qui oblige personne, en dehors des gens qui visent certains postes au sein de la fonction publique ». Les écoliers canadiens n’ont donc pas à maîtriser les deux langues, mais ont plutôt l’opportunité d’en apprendre une deuxième : aussi 50 % des écoliers anglophones et 60 % des écoliers francophones apprennent-ils une seconde langue.

Une politique bilingue

L’originalité de la politique canadienne est qu’elle permet de vivre en français ou en anglais partout sur le territoire : que ce soit le contenu de votre boîte de céréale ou une question sur le système judiciaire, ces informations vous sont accessibles dans les deux langues. Dans d’autres pays plurilingues comme la Belgique ou la Suisse, note la Pr. Heller, en revanche, les politiques linguistiques sont territoriales. En Belgique, à l’exception de Bruxelles, le pays est divisé en communes francophones, néerlandophone et germanophones. Au Canada, bien qu’il y ait une majorité de francophones au Québec et une majorité d’anglophones dans les autres provinces, les deux types de minorités linguistiques ont accès à des services fédéraux dans les deux langues. On évite donc une politique restrictive où la langue, le territoire et le groupe social sont en parfaite adéquation. Il y a des anglophones à Montréal et des francophones à Regina, et on ne peut donc pas décréter qu’une partie du pays est unilingue anglaises et l’autre unilingue française. Cette homogénéité, note Mme Heller, n’existe tout simplement pas. Notons aussi que rien n’oblige, cependant, les provinces à adopter une politique bilingue; chacune d’elle peut choisir sa propre orientation. Ainsi le Québec est officiellement unilingue français, le Nouveau-Brunswick est officiellement bilingue et les autres provinces sont officiellement unilingues anglaises.

Pourquoi être bilingue ?

Un pays, une population voire une culture bilingue (le film Bon cop bad cop est sans doute le meilleur exemple d’une production culturelle bilingue) constitue un atout pour l’individu comme pour la société. Tout d’abord les recherches en psychologie ont montré que le bilinguisme ou l’apprentissage d’une seconde langue augmentent les capacités de raisonnement et de résolution de problèmes. De plus, les enfants canadiens bilingues démontrent une meilleure compréhension des différences culturelles et une plus grande aptitude à communiquer. En étant bilingue, on devient donc plus ouvert, plus flexible; ces qualités, selon les travaux d’Harold Chorney de l’Université Concordia s’appliquent aussi à la société au complet : notre société, écrivait-il en 1998, « fait davantage preuve de compréhension critique, envisage avec plus de souplesse des solutions variées aux problèmes et est davantage motivée à participer ». L’ouverture d’esprit que procure le bilinguisme est donc reflétée dans toute la société, ce qui peut se traduire, au niveau politique, par une plus grande stabilité. Économiquement parlant, le bilinguisme est aussi avantageux. En mai 1995, à Ottawa, un colloque intitulé Langues officielles et économie : nouvelles perspectives canadiennes réunissait des représentants du secteur privé, de la fonction publique et des chercheurs universitaires. Les participants ne manquaient pas de mots pour qualifier l’apport du bilinguisme à l’économie canadienne; « atout », « investissement », « dynamique économique », « facteur de commercialisation », « favorable au secteur industriel », etc. En étant plus flexible et ouvert sur une plus grande diversité linguistique, le bilinguisme permet plus d’innovation et d’expérimentation.

Finalement, le bilinguisme est un net avantage pour le marché de l’emploi. Ces avantages, remarque Joanna Campion, Directrice générale de l’organisme Le français pour l’avenir, qui promeut la dualité linguistique au Canada, sont énormes : « regardez la quantité de situations quotidiennes où le bilinguisme est requis : dans les transport, au restaurant, dans la communication, la publicité ». Les produits et services doivent être offerts dans les deux langues, ce qui nécessite bien souvent des travailleurs capables de maîtriser les deux langues. « Les employés bilingues sont très en demande », note-t-elle, « et dans plusieurs emplois, vous êtes limités si vous ne parlez qu’une langue. » À une époque où la planète est connectée par Internet et une économie globalisée, on peut difficilement en douter.

Selon un sondage mené auprès des entreprises par le Pr. Chorney, les employés bilingues sont perçus comme étant plus sociables et plus persévérants (apprendre une autre langue n’est pas une mince affaire !). Les recruteurs vont souvent voir dans le bilinguisme le signe d’une expérience culturelle et d’une éducation plus diversifiées. La perception de l’employé bilingue se traduit aussi en avantages directs : à compétences égales, les entreprises vont favoriser un employé bilingue. Comme le disait un employeur interviewé par M. Chorney, « dans un monde en évolution rapide, un employé bilingue est beaucoup plus flexible et donc beaucoup plus utile à l’entreprise grâce à sa capacité d’adaptation. »

Près du tiers des responsables du recrutement contactés par CareerBuilder.com en 2006 ont affirmé mettre l’emphase sur l’embauche de candidats bilingues. De même, une étude de Patrimoine Canada concluait que les bilingues peuvent pénétrer le marché de l’emploi et changer d’emploi plus facilement que les unilingues. Il n’est pas surprenant que le taux de chômage soit moins élevé parmi la population bilingue. Alex Armstrong, candidat au doctorat de l’Université Queen’s et dont les recherches portent sur le marché du travail et les politiques publiques, s’est penché sur les avantages économiques du bilinguisme sur le marché de l’emploi canadien. Il en conclut que « les travailleurs bilingues au Canada jouissent d’un avantage salarial significatif par rapport aux travailleurs qui ne parlent que l’anglais ou le français. La différence de salaire est plus apparente chez les travailleurs au Québec, les employés du secteur public et les femmes. » Le bilinguisme, poursuit-il, « est une forme de capital humain qui a valeur innée dans le marché du travail et, de la sorte, signale aux employeurs qu’un individu a le désir et la capacité d’apprendre. » Et les nouveaux arrivants en bénéficient : les études d’Alice et Emi Nakamura, de l’Université de l’Alberta, indiquent que les immigrants qui maîtrisent l’anglais et le français auront plus de chances de se trouver un emploi et de gagner de meilleurs salaires.

De l’individu à la société, de la politique à l’économie, le bilinguisme canadien favorise donc le dialogue et l’intégration. Comme le veut un proverbe d’Europe centrale : « autant de langues vous parlez, autant de fois vous êtes un être humain. »

Source:

http://www.cnmag.ca/fr/numero-22/428-le_bilinguisme_canadien

Canadian Bilingualism: pourquoi c’est important (by Benoit Hardy-Vallée)

More than a hundred languages are spoken in Canada. But since the land north of the 49th parallel was established mostly by English and French settlers, these two ethnic groups are still the two main linguistic groups. Not only do many Canadians speak English, French or both languages – but bilingualism is an official government policy that is supervised by the Office of the Commissioner of Official Languages and protected by the Constitution.

English and French account today, according to Statistics Canada, for 59 percent and 23 percent of Canadians’ mother tongues. 18 percent of the population, nearly 5.2 million people – define themselves as bilingual. Most of those live in the “bilingual belt”, i.e., the region that covers northern New Brunswick, southern Quebec, north-eastern Ontario and southern Manitoba. Among Canadian provinces, Quebec has the highest rate of bilingualism – 41 percent and this figure is constantly growing. New Brunswick follows closely with 34 percent.

Bilingualism is an integral part of the Canadian state. A study conducted for the Office of the Commissioner of Official Languages supports this view, “seven out of ten Canadians think that living in a country with two official languages is one of the things that really defines what it means to be Canadian”.

However – and this information is important for newcomers – living in a bilingual country does not mean that all Canadians must speak both French and English. As noted by Professor Monica Heller of the University of Toronto, a specialist in bilingualism issues in Canada, “Canadian policy encourages people to learn another language in a spirit of mutual understanding, but there is nothing in the policy that requires them to do so (unless you want a job in the Public Service).” Canadian schoolchildren do not necessarily understand both languages, but have the opportunity to learn a second one: thus 50 percent of English-speaking students and 60 percent of French students learn a second language.

Why be bilingual?

A bilingual country, population or even culture (the movie Bon Cop, Bad Cop is probably the best example of a bilingual cultural production) is an asset for individuals and for society. Research in psychology shows that bilingualism or learning a second language enhances reasoning and problem-solving abilities (this is also true of immigrants who learn English or French as a second language). Canadian bilingual children also demonstrate a better understanding of cultural differences and a greater ability to communicate. By being bilingual, one becomes more open, more flexible. Harold Chorney from Concordia University, wrote in 1998, that our society “is more open to critical understanding, more supple in its appreciation of different ways of problem solving and more stimulated to becoming involved.” The openness that bilingualism provides is therefore reflected throughout society, which can lead, at the political level, to a greater stability.

Economically speaking, bilingualism is also an asset. In May 1995, in Ottawa, a symposium entitled New Canadian Perspectives: Official Languages and the Economy brought together representatives of the private sector, government officials and university researchers. The contribution of bilingualism to the Canadian economy was referred to as an “asset”, “investment”, “economic dynamism”, “marketing factor”, something “favourable to industry”.

Bilingualism and the labour market

Recruiters often see bilingualism as a sign of experience and education. Moreover, when two employees have equal skills, companies are more likely to promote a bilingual employee. According to a survey undertaken by Professor Chorney, bilingual employees are perceived as more sociable and more persevering (learning another language is no mean feat). As one employer interviewed by Chorney said, “having bilingual skills in a rapidly changing world made the employee much more flexible and more valuable to the company in their capacity to adapt.” Nearly a third of all the hiring managers contacted by CareerBuilder.com in 2006 claimed that they will recruit more bilingual employees. Similarly, a study by Canadian Heritage concluded that bilinguals can find a job and change jobs more easily than unilinguals.

While all these things are also true of allophones (people whose first language is neither English nor French), the Canadian system favours those fluent in the official languages.

It is not surprising that the unemployment rate is lower among the bilingual population. Alex Armstrong, a Ph.D. candidate at Queen’s University whose research involves labour market and public policy issues, investigated the economic advantages of bilingualism in the Canadian job market. He concluded, “bilingual workers in Canada enjoy a significant earnings advantage over workers who speak only English or French. The wage differential is most apparent among workers in Quebec, public sector employees and women. Bilingualism is a form of human capital that has innate value in the labour market and, as well, serves as a signal to employers that an individual has the desire and capacity to learn.” And newcomers also benefit from being bilingual: Alice and Emi Nakamura from the University of Alberta showed that immigrants who master English and French will have more chances of finding a job and earn better wages.

Bilingualism is good for individuals and good for society. It benefits us politically, socially and economically. As a proverb in central Europe says, “the more languages you speak the more times you are a human being.”

Source:

http://www.cnmag.ca/issue-22/855-canadian-bilingualism-e08

Video:

http://canadaam.ctvnews.ca/video?clipId=391746

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