La Piscine

piscineJacques Deray

Né à Lyon le 19 février 1929, ce fils d’industriel envisage d’abord la comédie. Il s’inscrit dans un cour d’art dramatique puis s’aperçoit qu’il n’est pas fait pour ce côté de la caméra. En 1952, il devient assistant pour Jean Boyer, Henri Verneuil ou encore Luis Bunuel. Il réalise son premier film Le Gigolo en 1960. Déjà, il s’entoure des futurs grands noms du cinéma français. Jean-Claude Brialy, Charles Vanel, Jean-louis Trintignant, Michel Serrault, Jean-Paul Belmondo, Romy Schneider, Charlotte Rempling et surtout Alain Delon font leurs premiers pas devant ce maître. Delon et Deray, une amitié et une dizaine de collaborations dont Borsalino et La Piscine. Imprégné d’une atmosphère unique, sombre, personnelle et trouble, le genre policier a pris toute son envergure avec celui qui se définissait comme ” un metteur en scène, un montreur d’images, un raconteur d’histoires “.

Jacques Deray était aussi très investi dans les instances professionnelles du septième art : Vice-président d’Unifrance-Film entre 1973 et 1975, membre de la commission de contrôle de 74 à 90 puis à partir de 99. Le cinéaste s’est impliqué dans l’ouverture d’un musée à l’Institut Lumière, à Lyon, aux côtés de Bertrand Tavernier, Thierry Frémaux et Bernard Chardère. En 2002, alors que la maladie le guettait, il a décidé d’écrire ses mémoires. Loin d’énumérer les noms des stars avec qui il a tourné, il opte pour une promenade dans ses souvenirs. Il aimait à rappeler que Tavernier n’était pas le seul cinéaste lyonnais. Depuis plusieurs semaines, la lutte du réalisateur contre la maladie était devenue vaine. Il s’est éteint le 08 août 2003, Il avait 74 ans.

Source:

http://www.commeaucinema.com/personne/jacques-deray,19740

Vidéo:

Jacques Deray – La Piscine (1969)

Realisateur Jacques Deray. Avec Alan Delon, Romy Schneider, Maurice Ronet, Jane Birkin, Suize Jaspard, Paul Crauchet, Steve Eckhardt.

Jacques Deray tourne ce film en 1968 en pleine Affaire Markovic pour laquelle Delon est entendu. D’autre part, il réunit ce dernier et Romy Schneider qui ont entretenu une longue liaison avant de se séparer. C’est dire si le tournage a entretenu la curiosité de la presse à scandale en jouant – sans que cela soit bien sûr voulu – sur une évidente confusion entre les acteurs et les personnages qu’ils incarnaient. De même, le spectateur pouvait se demander, en assistant à la projection, si réalité et cinéma n’interféraient pas et où se situait la frontière entre la vie des vedettes et la représentation qu’en donnait le film.

Au final, pourtant, La Piscine est l’un des meilleurs Deray et a connu un grand succès populaire. Il faut dire que le film multiplie, a priori, les atouts. En premier lieu, le monde dépeint est celui de la faune tropézienne alors à son plus haut degré de célébrité, mélange hétéroclite de vedettes, de gens fortunés et de parasites. S’ajoute également un cadre géographique propre à faire rêver : une luxueuse villa avec piscine dominant le golfe de Saint-Tropez. Ce décor enviable est, d’autre part, habité par des acteurs choisis pour leur beauté ou leur séduction (Romy Schneider, Jane Birkin à ses débuts, Maurice Ronet et Alain Delon). Enfin, le drame se déroule dans un temps resserré. Bref, Deray associe fort habilement huis clos étouffant (l’essentiel du film se déroule autour de la piscine et de la villa sous une chaleur accablante) et tension dramatique en contractant l’action sur quelques jours et nuits et en mettant en scène un quatuor de personnages complexes liés – ou séparés – par le sexe et l’argent et agités de pulsions contradictoires (amour ou amitié, estime ou jalousie) nées d’un passé commun mal assumé, en porte-à-faux avec le présent.

Tout l’art du réalisateur est d’installer le malaise (1) et, dans un premier temps, de mettre en place les signes parallèles – mais factices et illusoires – d’un univers luxueux et d’un bonheur amoureux et complice à deux entre Marianne et Jean-Paul. Puis d’organiser une savante montée de la tension dramatique par un double face-à-face psychologique (Harry et Jean-Paul, d’un côté ; adultes et adolescente, de l’autre) renforcé par le jeu subtil des sentiments croisés du trio (Marianne prise au piège entre son passé avec Harry et son présent avec Jean-Paul) (2). Enfin, de faire éclater brusquement, au paroxysme de la tension, la cruauté implacable du drame d’une façon tout à fait inattendue.

Le long dénouement qui s’ensuit – en forme d’enquête policière soupçonneuse et inquiétante – sert à fouiller encore davantage la dimension psychologique des personnages et à mesurer toute l’ambiguïté humaine : Marianne découvre un Jean-Paul qu’elle ne soupçonnait pas ; il se révèle manipulateur et lâche. La réalisation précise de Jacques Deray – la plupart des scènes proposées sont riches de significations – excelle à traquer les signes extérieurs des sentiments au travers de regards saisis au plus près, de gestes simplement ébauchés, de non-dits révélateurs ou de silences éloquents.

On notera aussi que le décor (en l’occurence la piscine, elle-même élément clé du film), reflète (!) cette ambiguïté de l’âme humaine. Elle est montrée, d’abord, comme le symbole de la vie facile et du bonheur : en pleine journée, inondée de soleil, elle rafraîchit les deux amants, Marianne et Jean-Paul, et les fait s’étreindre érotiquement au cours d’un long baiser qui les laisse essoufflés. Mais elle est, ensuite, de nuit, celle qui pousse au crime et laisse Harry, privé du souffle de la vie, être cruellement noyé. Cette double dimension (!!) de la piscine – symbole à la fois solaire et nocturne – au-delà du simple signe social de la vie facile, enrichit, à l’évidence, un film qui gagne ainsi en profondeur (!!!).

Alain Delon trouve là l’un de ses meilleurs rôles : personnage qui vit dans un monde où l’argent est tout alors qu’il n’est riche que d’ambitions déçues, il se montre excellent en être fragile et vulnérable, humilié et jaloux. Les autres acteurs sont au diapason : beauté épanouie d’une Romy Schneider, cynisme séducteur d’un Maurice Ronet, naturel rafraîchissant d’une Jane Birkin. Un très bon film !

Lire la suite:

http://libresavoir.org/index.php?title=La_Piscine_de_Jacques_Deray

Vidéo:

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19424343&cfilm=4939.html

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