La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil

lunettesSébastien Japrisot – La Dame dans l’auto avec des lunetes et un fusil (1966)

À Paris, Dany Longo, jeune secrétaire dans une agence de publicité, grande, mince et blonde, mais myope comme une taupe, et donc lunettée, naïve et quelque peu paumée, s’ennuie au bureau, et voit venir avec appréhension le week-end du 14 juillet, alors que tout le monde autour d’elle parle de voyages, de famille, d’amis. Elle, elle se prépare à rester seule dans son petit appartement. Or son patron, Michel Caravaille, lui demande, car ils se rendent en Suisse, de les accompagner, lui et sa femme, une jeune blonde nommée Anita, à l’aéroport, dans la luxueuse Thunderbird de celle-ci. Là-bas, il lui donne une enveloppe de salaire, et lui demande de ramener la voiture en ville. Mais, au retour, elle se trompe de chemin, et s’engage sur l’autoroute du Sud. Comme elle a toujours désiré aller voir la mer, elle continue vers la Côte d’Azur. Au fil de sa route, elle rencontre, dans des villages et des villes qu’elle n’a jamais visités, différentes personnes qui disent la connaître, qui lui disent qu’elle est la maîtresse de son patron depuis plusieurs années, qui lui affirment qu’elle est déjà passée les voir la veille (comment est-ce possible? elle était en train de taper un rapport pour son patron à Paris). Lors d’un arrêt dans une station-service, un homme se jette sur elle, lui écrasant une main dans une porte. Quand elle reprend ses esprits, elle ne sait plus ce qui s’est passé, et reprend sa route, sa main portant un pansement, continuant toujours plus loin, vers cette mer qu’elle espère belle. Plus tard, lorsqu’elle s’arrête dans un hôtel pour passer la nuit, on lui dit : «C’est vous la dame à la Thunderbird avec un pansement à la main, on vous a déjà vue hier.» Le lendemain, elle n’en peut plus : partout où elle s’arrête, on lui dit l’avoir déjà vue. Elle prend un auto-stoppeur, et ils découvrent tous deux, dans le coffre de la voiture, un cadavre ainsi qu’un fusil. Est-ce elle qui a tué cet homme? Si ce n’est pas elle, qui est-ce? Le coffre était vide quand elle est partie de Paris. Il s’avère que le cadavre est celui d’un play-boy nommé Maurice Kaub, dont, aussitôt, elle se débarrasse. Elle se procure son adresse, et s’y rend. La maison est ouverte, elle y entre. Il n’y a personne, mais elle découvre des vêtements qui lui appartiennent, et trouve dans une poche une deuxième enveloppe de salaire. Elle comprend alors que Caravaille est l’auteur de la machination dont elle est victime. Elle se rend chez lui où il l’attend, une carabine à la main. Mais, avant qu’il ait le temps d’agir, elle crie : «Ne bougez pas, M. Caravaille, je viens de poster une lettre qui contient les deux enveloppes de salaire, et où je m’explique en peu de mots». Il lui avoue toute la vérité…

Source:

http://www.google.es/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=9&ved=0CG4QFjAI&url=http%3A%2F%2Fwww.comptoirlitteraire.com%2Fdocs%2F400-japrisot-sebastien.doc&ei=SkXVU_3_O8qa1AWu3oCwCA&usg=AFQjCNE0_Pst-Lst8R6I_-G4bh39WvPdrg&sig2=arjK_t_oVXNY2biRKeqMLw&bvm=bv.71778758,d.d2k

Publié pour la première fois en 1966, ce roman de Sébastien Japrisot a reçu plusieurs prix de littérature policière, amplement mérités selon moi.
L’héroïne, Dany Longo, est secrétaire dans une agence de pub. Une vie relativement solitaire, sans réelles attaches, sinon une amitié de jeunesse pour la femme de son patron. Celui-ci lui ayant demandé de les conduire, sa famille et lui, à l’aéroport puis de ramener la voiture à son domicile, Dany, sur un coup de tête part avec la magnifique Thunderbird blanche décapotable, une voiture qui ne passe pas inaperçue.
Elle prend la direction du Sud pour aller voir la mer où elle n’est jamais allée. Un voyage qui tourne peu à peu au cauchemar, puisqu’elle se fait attaquer dans une station-service et que plusieurs personnes soutiennent mordicus l’avoir déjà vue la veille dans la même voiture faisant route en sens inverse. De là à croire qu’elle sombre dans la folie… Et le pire pour Dany reste à venir, bien sûr…
Le moins que l’on puisse dire est que l’auteur sait ménager ses effets! On cherche à comprendre avec l’héroïne, on est de tout coeur avec elle, puis Japrisot force le lecteur à prendre du recul, à regarder son personnage avec suspicion. Dany Longo manipulerait-elle les témoins de son histoire? Les questions se bousculent tout le long de la fuite de l’héroïne, les éléments de réponse sont donnés au compte-gouttes par des personnages secondaires qui interviennent de manière ponctuelle. Du grand art dans le suspense!

Source:

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/6211

Anatole Litvak

Mikhaïl Anatol Litvak est né le 10 mai 1902 à Kiev, en Russie. En 1921, il est diplômé en philosophie de l’université de Leningrad. L’année suivante, il est acteur, décorateur puis metteur en scène d’une petite troupe théâtrale. Engagé en 1923 comme assistant par les Studios Nordkino, il y réalise deux courts métrages : Tatiana, interprété par des enfants et Le coeur et les dollars, satire du capitalisme.

En 1925, Anatole Litvak quitte l’U.R.S.S. Tourné dans les studios allemands de la U.F.A., Dolly macht karriere, comédie musicale pleine d’entrain, est le premier long métrage d’Anatole Litvak. Coeur de lilas (1932), avec Jean Gabin, fut un grand succès qui le fil connaître en France où il achèvera brillamment, en 1936, la première partie de sa carrière avec Mayerling. Interprété par Danielle Darrieux et Charles Boyer, ce film lui ouvrit en grand les portes d’Hollywood

Il y débute avec La femme que j’aime (1937), remake de son film français, L’équipage (1934). D’origine juive et anti-fasciste convaincu, Litvak s’attacha, dès 1939, à dénoncer la menace hitlérienne avec Les aveux d’un espion nazi. Puis, devenu citoyen américain en 1940, il participa activement, aux côtés de Frank Capra, à la réalisation de la série documentaire Pourquoi nous combattons. Après la guerre, qu’il termina avec le grade de colonel, Litvak connut ses plus grands succès en 1948 avec Raccrochez c’est une erreur et La fosse aux serpents.

Puis Litvak reprit le cours d’une prestigieuse carrière internationale, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en France où tourne notamment Aimez-vous Brahms ? (1960) puis La Nuit des généraux (1966). Il meurt à Neuilly, le 16 décembre 1974.

Source:

http://www.cineclubdecaen.com/realisat/litvak/litvak.htm

Anatole Litvak – La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil / The Lady in the Car with Glasses and a Gun (1970)

Realisateur Anatole Litvak. Avec Samantha Eggar, Oliver Reed, John McEnery, Stéphane Audran, Billie Dixon, Bernard Fresson, Marcel Bozzuffi, Philippe Nicaud, Yves Pignot, Jacques Fabbri, André Oumansky, Maria Meriko, Claude Vernier.

The lady (Samantha Eggar) is an English girl working in a Paris advertising agency. The car is an enormous white American convertible with which her boss (Oliver Reed) entrusts her after she drops off him and his wife (Stephane Audran) at the airport for a business-pleasure trip to Geneva.

In the crush of holiday traffic she makes a wrong turn—south, instead of back to Paris, and when she discovers her mistake she decides to take the car on a brief Mediterranean holiday of her own.

It is her dark glasses (on prescription — she is terribly nearsighted) as much as anything else that convinces people along the way that they have seen her before, in the same car, driving north along the same road that very morning. And when her hand is painfully crushed by an unseen stranger in a service station, and the attendant swears that she was wearing a bandage for the sprain hours before, when she stopped for a minor repair, she realizes that she is facing not just disturbing coincidence but very real danger.

By the time she finds the gun—accompanying a corpse that turns up in the car’s trunk — she is desperate. Along the way she has picked up a young drifter (John McEnery) who may be her salvation or her doom.

But there is really nobody she can trust, not even, given the weight of circumstantial evidence, herself. Everything in considerable and quite intimate detail, seems to prove that she has committed murder.

Given the possibilities of his plot, Mr. Litvak has emphasized local effect and psychological thrills at the expense of the malevolent logic that is supposed to trap his heroine. Although it is often properly terrifying, one (night-time) meeting between Mr. McEnery and Miss Eggar in an automated garage full of cars and empty of people is especially unsetting. “The Lady in the Car, etc,” doesn’t always make sense—or even those gestures toward sense that will sometimes do if the theme is dark enough.

Lire la suite:

http://www.nytimes.com/movie/review?res=9E0DE5D71431E336A05755C2A9649D946190D6CF

Vidéo:

Vidéo:

Anuncios

Responder

Introduce tus datos o haz clic en un icono para iniciar sesión:

Logo de WordPress.com

Estás comentando usando tu cuenta de WordPress.com. Cerrar sesión / Cambiar )

Imagen de Twitter

Estás comentando usando tu cuenta de Twitter. Cerrar sesión / Cambiar )

Foto de Facebook

Estás comentando usando tu cuenta de Facebook. Cerrar sesión / Cambiar )

Google+ photo

Estás comentando usando tu cuenta de Google+. Cerrar sesión / Cambiar )

Conectando a %s