Les Vacances de Monsieur Hulot

hulotJacques Tati

Jacques Tati est le créateur de Mr Hulot, personnage maladroit, désopilant et décalé qu’il interprète d’ailleurs lui-même. Réalisateur de talent, il a élevé l’humour cinématographique au rang d’Art. Son oeuvre d’une grande cohérence malgré sa légèreté (seulement 6 longs-métrages) fût très admirée en son temps et reste aujourd’hui un incontournable du patrimoine cinématographique français. Quelques films majeurs : Mon oncle, Les vacances de Mr Hulot, Trafic et Playtime.

Né le 9 octobre 1907, Jacques Tati (de son vrai nom Jacques Tatischeff) décide rapidemment, au grand dam de son père, de devenir mime. Il se produit ainsi sur des scènes de music-hall et ne tarde pas à rencontrer le succès. Il décide alors de porter ses numéros d’imitation à l’écran : 6 courts-métrages sont ainsi réalisés entre 1932 et 1947.

En 1949 sort son 1er long-métrage, Jour de fête, qui rencontre un beau succès. Fort de cette réussite, il réalise Les Vacances de Mr Hulot en 1953, dans lequel il crée son célèbre personnage. En 1956, il crée Specta Films, sa propre maison de production. Les vacances de Mr Hulot est un véritable triomphe international, ce qui lui permet en 1958 de remettre le couvert avec Mon oncle, son 1er film en couleur. Tourné en deux versions, française et anglaise, il obtient le prix spécial du jury à Cannes et l’Oscar du meilleur film étranger en 1959.

De 1965 à 1967, très occupé par le projet de Playtime, Tati tourne également un court métrage Cours du soir dans lequel il tient un rôle. Playtime sort en 1967. Très attendu, le film ravit les cinéphiles mais ne rencontre pas le succès espéré auprès du public. Les investissements furent si importants (toute une ville reconstruite sur un terrain vague en guise de décor) que Tati subit longtemps le conséquences financières de cet échec, au point qu’il doit même hypothéquer sa demeure de Saint-Germain-en-Laye.

Par la suite, il se voit obligé de réduire ses ambitions : son film suivant, Trafic, bien que projeté en salle en 1971, est conçu au départ pour être un téléfilm. En 1973, il réalise Parade en vidéo et crée ainsi une nouvelle forme de spectacle cinématographique : le film présente une succession de numéros musicaux et comiques où est mis en scène un véritable public.

En 1974, Specta Films fait faillite. Affaibli par de graves problèmes de santé, Jacques Tati meurt le 4 novembre 1982, en pleine préparation du scénario d’un nouveau film : Confusion.

Le soin que porte Jacques Tati à la bande-son de ses films est tout particulier. Malgré l’absence de dialogues, les sons choisis et travaillés créent des univers d’une immense richesse et sont eux-même source de comique. Rares sont les réalisateurs qui ont su exploiter le travail sonore de façon si méticuleuse, au point que la bande-son à elle seule devienne une oeuvre d’art. Jacques Tati a transcendé l’humour au cinéma, tout en pointant du doigt la deshumanisation de notre société et l’extrême agitation du monde moderne.

Source:

http://www.cinefil.com/star/jacques-tati/biographie

Vidéo:

Jacques Tati – Les Vacances de Monsieur Hulot (1953)

Realisateur Jackes Tati. Avec Jacques Tati, Nathalie Pascaud, Michèle Rolla, Valentine Camax, Louis Perrault, Andrè Dubois, Suzy Willy, Lucien Frégis, Raymond Carl, Michèle Brabo, René Lacourt, Marguerite Gérard, Georges Adlin.

Le titre Les Vacances de Monsieur Hulot peut faire croire en un recentrage du comique du cinéaste sur le personnage qu’il interprète, mais il s’agit en fait d’un trompe-l’oeil. Plus encore que dans Jour de fête, l’idée de Tati est d’ouvrir le champ et de nous convier dans un univers où tout le monde peut être amusant ou, tout au moins, intéressant à regarder. Et s’il met en avant pour la première et dernière fois le nom d’un personnage dans un titre, ce n’est pas pour se conformer à la loi des séries, dont il a précisément rejeté l’idée après Jour de fête. Ce qu’il faut retenir ici, ce sont bien “Les Vacances” et pas ce Monsieur Hulot qui reviendra à l’écran, mais dans d’autres opus qu’on peut difficilement considérer comme des suites.

Car Hulot est une figure beaucoup plus souple mais aussi plus énigmatique que le facteur François, et il s’avérera au fil du temps un motif capable de s’intégrer dans les tableaux de plus en plus amples et complexes du maître, de s’y fondre ou de s’y démultiplier jusqu’à atteindre une forme d’anonymat. François était un prénom, un membre d’une communauté, immédiatement familier et identifiable. Hulot ne sera qu’un nom, un passant à la gestuelle et aux manières certes saugrenues, mais qui semble n’avoir ni passé ni réelles attaches. De lui, on ne connaît ni le travail, ni le lieu d’où il vient. François était volubile, râleur et bruyant. Hulot sera peu bavard et modeste, et provoquera la plupart des gags par sa timidité et sa gentillesse maladroite. Là où le facteur déclenchait les rires par sa naïveté, mais aussi par sa faculté à échapper aux catastrophes lors de sa frénétique distribution de courrier “à l’américaine”, Hulot est en revanche beaucoup plus malchanceux, victime des objets, des éléments ou de malheureuses erreurs de perception. Ainsi, il se retrouve tour à tour enfermé dans une barque cassée qui se referme sur lui comme un piège, emporté par le poids de son sac à dos ou déclencheur involontaire d’un gigantesque feu d’artifices. De même, on le verra administrer un magistral coup de pied aux fesses d’un père de famille penché sur son appareil photo mais qu’en gentleman, Hulot soupçonne de regarder dans la cabine de plage d’une jeune femme.

A ce titre, le comique de Tati devient ici un peu moins bon enfant que dans Jour de fête. Si Les Vacances de Monsieur Hulot fleure bon la douceur de vivre pendant la pause estivale, c’est aussi une satire sociale assez mordante et le portrait d’un marginal malgré lui, qui s’attire l’affection discrète de quelques vacanciers mais peine à s’intégrer au groupe malgré sa douceur et sa bonne volonté. Toléré par certains, cordialement invité par d’autres, Hulot n’en reste pas moins un solitaire, qui à l’image du vagabond de Chaplin quitte le film aussi seul qu’il l’était au début. Toujours situé dans un entre-deux un peu flou, il ne réussit pas à trouver sa place. Trop âgé pour aller au-delà de quelques galanteries avec Martine, une jeune vacancière qui semble lui inspirer un léger trouble, trop jeune pour nouer autre chose qu’une amitié passagère avec la touriste anglaise d’âge mûr qui lui témoigne le plus d’affection, Hulot est charmant mais semble perdu pour la séduction. Un rien trop raide et distant pour se mêler vraiment aux vacanciers les plus modestes, trop fantaisiste pour s’attirer autre chose que le dédain des plaisanciers aisés, il se retrouve aussi dans une sorte de no-man’s land social, une marge où tout semble le repousser. Même un pique-nique collectif lui passera sous le nez à cause de son improbable et récalcitrant véhicule. D’où le sentiment paradoxal qui nous étreint devant ce film débordant d’humour et de malice, baigné de soleil et témoignant de temps insouciants, mais qui distille dans le même mouvement une certaine tristesse. Un sentiment renforcé à la vision de la version originelle sortie en 1953, accompagnée par un thème musical nostalgique d’Alain Romans, qui donne la couleur du souvenir à ce film plus doux-amer qu’il n’y paraît.

Source:

http://www.dvdclassik.com/critique/les-vacances-de-monsieur-hulot-tati

Vidéo:

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