Été, 1945

lamerCharles Trenet

Né à Narbonne le 18 mai 1913, Charles Trenet est le grand réformateur de la chanson française du XXe siècle. Rompant avec la gaudriole boulevardière, le méli-mélo sentimental et le pathos noir de la chanson réaliste, Trenet n’a pas 25 ans lorsqu’à la fin des années 30 il signe une série de chansons (Y’a d’la joie, Je chante ou encore Boum ! ) qui par la fantaisie déroutante de leurs textes renvoyant directement à la poésie d’avant-garde la plus contemporaine (des Surréalistes à Cocteau en passant par Max Jacob), mais surtout l’extrême vitalité de leurs rythmes syncopés empruntés au jazz américain, révolutionnent de fond en comble le music-hall à la française hérité du “caf’conc” du XIXe siècle.

S’affirmant pendant la guerre comme l’un des artistes les plus populaires de la scène hexagonale, à la fois fer de lance d’une modernité subversive à travers sa fidélité au swing (“musique dégénérée” pour les Nazis) et dans le même temps garant d’une certaine permanence de l’esprit français (c’est l’époque où il met en musique Verlaine ou La Fontaine et surtout compose Douce France, véritable hymne de la résistance intérieure à l’occupation allemande), Trenet va durant les années 50 privilégier sa carrière internationale. Rompant en partie avec l’irrévérence joyeuse de ses débuts, il inaugure une seconde manière, plus mélancolique, qui lui permettra de devenir à l’étranger l’ambassadeur de charme d’une chanson française à la fois populaire et raffinée. Enregistrée en mars 1946, La Mer est à cet égard parfaitement emblématique de cette veine nostalgique et impressionniste. Composée sur le principe simple d’un crescendo orchestral, cette mélodie ample au lyrisme habilement répétitif est non seulement le plus grand succès de la carrière du chanteur mais l’une des chansons francophones du siècle, adaptée et interprétée dans un grand nombre de langues.

Après une longue traversée du désert au cours des années 60 et 70, Charles Trenet verra à partir du milieu des années 80 son répertoire repris et adapté par une nouvelle génération d’interprètes (Jacques Higelin, Carte de séjour). Finalement reconnu de façon unanime comme le parrain de la chanson française moderne, son œuvre entre au panthéon de l’art populaire du XXe siècle. Il continuera jusqu’à sa mort, survenue le 19 février 2001, d’enregistrer régulièrement de nouveaux disques et de se produire sur scène.

Source:

http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu04731/charles-trenet-interprete-la-mer.html

Vidéo:

Paroles: Charles Trenet – La Mer

La mer
Qu´on voit danser le long des golfes clairs
A des reflets d´argent
La mer
Des reflets changeants
Sous la pluie

La mer
Au ciel d´été confond
Ses blancs moutons
Avec les anges si purs
La mer bergère d´azur
Infinie

Voyez
Près des étangs
Ces grands roseaux mouillés
Voyez
Ces oiseaux blancs
Et ces maisons rouillées

La mer
Les a bercés
Le long des golfes clairs
Et d´une chanson d´amour
La mer
A bercé mon cœur pour la vie

Source:

http://en.lyrics-copy.com/charles-trenet/la-mer.htm

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